Les cécidomyies sont des ravageurs capables de perturber rapidement l’équilibre d’une culture. Ce sont les larves de cet insecte qui peuvent provoquer des dégâts marqués sur les tissus végétaux des plantes. Céréales, légumes, arbres fruitiers ou cultures spécialisées peuvent être touchés. Comment identifier ce ravageur ? Quels sont les dégâts observés ? Et comment lutter efficacement ? Nos solutions.
Description des cécidomyies
La famille des Cecidomyiidae regroupe plus de 6 000 espèces décrites à l’échelle mondiale. Les cécidomyies adultes sont de très petits diptères, généralement longs de 1 à 3 mm, au corps frêle et aux pattes allongées. Elles appartiennent au groupe des Nématocères, comme les moustiques. Les antennes sont longues, finement segmentées. Les ailes, étroites et couvertes de poils fins, présentent une nervation fortement réduite, caractéristique de cette famille.
Chez l’adulte, l’appareil buccal est peu fonctionnel. L’insecte ne se nourrit pas ou très peu après l’émergence. Sa durée de vie est courte et son activité se concentre sur la reproduction. La femelle pond rapidement après l’accouplement, directement sur la plante-hôte, puis disparaît.
Les larves sont des asticots apodes, au corps mou et cylindrique, mesurant en général 2 à 3 mm à maturité. Leur coloration varie selon les espèces, du blanc jaunâtre à l’orangé ou au rouge. La tête est peu visible, équipée de mandibules en forme de stylets permettant d’attaquer directement les tissus végétaux.
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Cycle de vie
Selon l’espèce et les conditions climatiques, le nombre de générations annuelles varie fortement. Dans les régions tempérées, une seule génération par an est fréquente, tandis que plusieurs générations successives peuvent se succéder en climat plus chaud.
La ponte intervient directement sur ou dans les tissus végétaux. Les œufs sont extrêmement petits, de l’ordre de 0,2 à 0,3 mm, et peuvent être déposés isolément ou en petits groupes. Une femelle est capable de produire de quelques dizaines à plusieurs centaines d’œufs.
Après l’éclosion, les larves, presque translucides, gagnent rapidement leur zone d’alimentation. Leur comportement dépend étroitement de l’espèce concernée et de la plante-hôte. Les sites colonisés sont variés :
- bourgeons et méristèmes en formation
- tissus foliaires ou floraux
- base des tiges ou organes de réserve
Une fois installée, la larve se nourrit des cellules végétales. Elle peut provoquer une destruction directe des tissus par abrasion et succion, ou détourner le fonctionnement normal de la plante en induisant la formation de tissus modifiés, comme les galles. La phase larvaire dure généralement quelques semaines, mais elle concentre l’essentiel des impacts sur la culture.
À maturité, la larve quitte souvent l’organe aérien qu’elle a exploité et se laisse tomber au sol. Elle peut aussi rester protégée à l’intérieur d’une galle. Elle forme alors un cocon soyeux, mêlé de particules de sol ou de débris végétaux. Selon l’espèce et la saison, la nymphose est immédiate ou précédée d’une phase de repos prolongée, parfois sur plusieurs mois, permettant à l’insecte de synchroniser son émergence avec le développement de la culture hôte.
Les principales espèces de cécidomyies
De nombreuses espèces de Cecidomyiidae sont reconnues comme ravageurs majeurs en agriculture à travers le monde
Cécidomyes ravageurs des céréales
- Mouche de Hesse (Mayetiola destructor) : Ravageur majeur du blé, mais aussi du seigle et parfois de l’orge. Les larves se nourrissent à la base des tiges, provoquant un raccourcissement des entrenœuds, un affaiblissement des plants et l’absence ou la mauvaise formation des épis.
- Cécidomyie orangée du blé (Sitodiplosis mosellana) : Présente surtout sur blé, mais aussi sur orge et seigle. Les larves se développent dans les épillets après la floraison et se nourrissent du grain en formation, entraînant des grains atrophiés et une baisse du poids spécifique.
- Cécidomyie jaune du blé (Contarinia tritici) : Attaque les mêmes cultures que la cécidomyie orangée. Les larves détruisent les organes floraux avant la fécondation, ce qui conduit à des épillets totalement stériles, sans formation de grain.
- Cécidomyie asiatique du riz (Orseolia oryzae) : Ravageur du riz en Asie du Sud et du Sud-Est. Les larves transforment le méristème apical en galle tubulaire, ce qui empêche l’épiaison et rend les talles improductives.
- Cécidomyie africaine du riz (Orseolia oryzivora) : Espèce proche de la cécidomyie asiatique, présente en Afrique tropicale. Elle provoque des galles similaires sur riz, entraînant des touffes stériles et une perte directe de panicules.
- Cécidomyie du sorgho (Contarinia sorghicola) : Ravageur du sorgho grain dans de nombreuses zones chaudes. Les larves détruisent les ovaires des fleurs lors de la floraison, ce qui empêche la formation des grains et peut rendre l’épi presque entièrement stérile.
- Cécidomyie du mil (Geromyia penniseti) : Spécifique du mil perlé, notamment en Afrique de l’Ouest. Les larves se développent dans les épillets et provoquent des épis sans grains, avec un impact direct sur les rendements locaux.
- Cécidomyie des tiges du blé (Haplodiplosis marginata) : Présente sur blé, orge et avoine. Les larves induisent des galles sous l’enveloppe des tiges, ce qui fragilise les chaumes, perturbe la circulation de la sève et peut conduire au blanchiment prématuré des épis.
Cécidomyes ravageurs des légumineuses
- Cécidomyie du pois (Contarinia pisi) : Ravageur du pois, mais aussi de la féverole et du pois fourrager. Les larves se développent dans les boutons floraux, entraînant des fleurs avortées ou des gousses déformées contenant peu ou pas de graines.
- Cécidomyie des fleurs de lentille (Contarinia lentis) : Spécifique de la lentille, principalement en Asie du Sud et au Moyen-Orient. Les larves détruisent l’intérieur des fleurs, ce qui empêche la formation normale des gousses et réduit fortement la production de graines.
- Cécidomyie des fleurs de luzerne (Contarinia medicaginis) : Inféodée à la luzerne cultivée. Les larves consomment les pièces reproductrices des fleurs, provoquant leur stérilité et une chute marquée du rendement en semences.
- Cécidomyie des germes de luzerne (Dasineura ignorata) : Attaque les bourgeons et jeunes pousses de luzerne. Les galles formées sur les extrémités végétatives entraînent un dessèchement des bourgeons et pénalisent la repousse, en particulier sur luzerne porte-graines.
- Cécidomyie des gousses de soja (Asphondylia yushimai) : Ravageur du soja en Asie de l’Est. Les larves se développent dans les jeunes gousses, provoquant des boursouflures, un brunissement des tissus et souvent la chute prématurée des gousses avant la formation des grains.
Cécidomyes ravageurs des crucifères
- Cécidomyie du chou-fleur (Contarinia nasturtii) : Ravageur des choux, chou-fleur, brocoli, chou de Bruxelles et du colza. Les larves détruisent les méristèmes et bourgeons, provoquant feuilles vrillées, cicatrices liégeuses et absence de pomme ou de tête commerciale.
- Cécidomyie des siliques du colza (Dasineura brassicae) : Attaque principalement le colza et d’autres crucifères oléagineuses. Les larves se développent dans les jeunes siliques, entraînant leur déformation, l’avortement des graines et une chute directe du rendement.
Cécidomyes ravageurs des plantes ornementales et forestières
- Cécidomyie de la lavande (Resseliella lavandulae) : Spécifique des lavandes et lavandins cultivés. Les larves se nourrissent sous l’écorce des tiges, provoquant des nécroses internes et le dépérissement partiel ou total des rameaux, avec une baisse notable de la production de biomasse et d’huile essentielle.
- Cécidomyie du robinier (Obolodiplosis robiniae) : Ravageur du robinier faux-acacia. Les larves induisent des enroulements marginaux sur les folioles, entraînant un jaunissement et une chute prématurée des feuilles, ce qui fragilise les jeunes arbres lors d’attaques répétées.
- Cécidomyie de l’aiguille du pin (Thecodiplosis japonensis) : Attaque plusieurs espèces de pins. Les larves forment des galles sur les aiguilles, provoquant leur courbure, leur jaunissement puis leur dessèchement, avec un affaiblissement progressif de l’arbre en cas de forte infestation.
Solutions de lutte Agrobiotop contre les cécidomyes
Action directe sur la Cécidomyie (perturbe la mue, non appétence a la culture)
Action indirecte ( protection des bourgeons, méristème, écorce)
Formation d’un biofilm rendant l’impossibilité aux adultes et larves de se déplacer, impacte leur mue.
- CHITOPROTECT
- BENTOBIO (Barrière physique contre les ravageurs)
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