La gale du fuchsia, provoquée par l’acarien Aculops du fuchsia, est une affection encore trop souvent mal identifiée. Feuilles boursouflées, jeunes pousses épaissies, boutons floraux atrophiés : les symptômes surprennent et inquiètent. Pour le jardinier comme pour le professionnel, reconnaître cette gale et savoir comment réagir permet de limiter les pertes, de préserver la qualité ornementale des fuchsias et d’adopter des pratiques adaptées à une gestion durable des cultures.
Qu’est-ce que la gale du fuchsia ?
La gale du fuchsia est une affection spécifique aux fuchsias, provoquée par un acarien phytophage nommé Aculops fuchsiae. Ce ravageur appartient au groupe des phytoptes, des acariens qui se nourrissent directement des tissus végétaux. La particularité de cette gale réside dans son mode d’action : ce ne sont pas des morsures visibles qui causent les dégâts, mais une perturbation profonde du développement des cellules de la plante, à l’origine de déformations spectaculaires.
Décrite initialement en Amérique du Sud, cette gale s’est diffusée progressivement. Elle a été signalée aux États-Unis, notamment en Californie, dès les années 1980, avant d’atteindre l’Europe au début des années 2000. En France, les premières observations confirmées ont eu lieu en Bretagne en 2003. Depuis, la vigilance s’impose dans toutes les zones de culture du fuchsia, aussi bien en jardin qu’en production sous abri.
Identification de l’acarien responsable
L’acarien responsable de la gale du fuchsia est invisible à l’œil nu. Sa détection directe nécessite une loupe, ce qui explique les difficultés rencontrées lors des premières phases d’infestation. La femelle adulte mesure environ 0,25 mm. Son corps est allongé, de couleur jaune très pâle à blanchâtre, avec seulement deux paires de pattes, une caractéristique des phytoptes.
L’appareil buccal est constitué de cinq stylets, dont deux crochets, utilisés pour perforer les tissus végétaux. Ces piqûres déclenchent des réactions anormales de la plante, à l’origine des galles. L’acarien passe l’ensemble de son cycle de vie à l’intérieur de ces tissus déformés, ce qui le rend encore plus difficile à détecter directement.
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Biologie Aculops fuchsiae
Le cycle de vie de cet acarien se déroule presque entièrement à l’abri, dans les galles qu’il induit lui-même. Les piqûres de nutrition provoquent la formation de galeries internes où l’acarien se nourrit, se reproduit et se protège. Chaque femelle peut pondre jusqu’à une cinquantaine d’œufs, avec une éclosion observée en moyenne après sept jours, lorsque les conditions sont favorables.
Au fil de la croissance du fuchsia, les acariens migrent continuellement vers les tissus jeunes. Ils abandonnent les anciennes galles pour coloniser de nouvelles feuilles, de nouveaux bourgeons ou des pousses en formation. Cette dynamique explique la progression rapide des symptômes sur une plante initialement localisée à un seul point.
La propagation de la gale du fuchsia repose sur des mécanismes à la fois naturels et liés aux pratiques humaines. L’acarien peut être transporté sur de courtes distances par le vent ou de manière passive par certains insectes. Toutefois, le principal facteur de diffusion reste le déplacement de matériel végétal contaminé.
Les échanges de boutures infestées et le transport de plantes porteuses de galles constituent la voie de dissémination la plus fréquente. Une plante apparemment saine peut déjà héberger le ravageur à un stade précoce, sans symptôme net, ce qui complique la détection lors des échanges.
Un organisme réglementé sous surveillance
Aculops fuchsiae possède un statut réglementaire strict : il est classé comme organisme nuisible réglementé et organisme de quarantaine pour l’Europe. Il figure à l’annexe IIA1 de la directive 92/103/CE, ce qui implique une surveillance renforcée et des mesures de vigilance lors des échanges de végétaux.Ce statut reflète la gravité des dégâts observés et la facilité avec laquelle l’acarien peut être disséminé à grande échelle, notamment par le commerce de plants ou de boutures infestés.
Les plantes attaquées
La gale du fuchsia n’attaque que les fuchsias. Toutes les espèces ne réagissent pas de la même manière, certaines se révélant nettement plus sensibles que d’autres. Les observations montrent une vulnérabilité marquée chez :
- Fuchsia arborescens
- Fuchsia magellanica
- Fuchsia procumbens
Les variétés cultivées en conditions protégées, en serre ou sous abri, sont particulièrement exposées, car l’acarien peut s’y maintenir tout au long de l’année.
Périodes à risque et conditions favorables
En extérieur, les infestations se développent principalement du printemps à l’automne, lorsque la croissance du fuchsia est active. Sous abri, la présence de tissus jeunes en continu permet au ravageur de se maintenir sans interruption saisonnière.
Plusieurs facteurs environnementaux favorisent son développement :
- Climat doux à frais
- Atmosphère humide
- Culture en serre ou sous abri
Ces conditions sont fréquentes dans les régions littorales ou à climat océanique, ce qui explique certaines zones plus touchées que d’autres.
Dégâts causés par la gale du fuchsia
Les dégâts causés par la gale du fuchsia sont souvent sévères. Les organes les plus sensibles sont le feuillage, les bourgeons terminaux et les jeunes pousses. Les fleurs peuvent également être touchées, de manière secondaire, lorsque l’infestation progresse.
Les conséquences sur la plante sont multiples : ralentissement marqué de la croissance, puis arrêt quasi complet du développement. À terme, un dépérissement progressif s’installe. Dans les situations les plus avancées, la destruction des plantes infestées devient parfois la seule option pour limiter la propagation.
Le diagnostic de la gale du fuchsia peut s’avérer délicat au début. La taille microscopique de l’acarien empêche toute observation directe, et les premiers signes restent discrets sur le plan visuel. Les symptômes deviennent en revanche très caractéristiques une fois l’infestation installée. On observe :
- Un léger flétrissement des bourgeons terminaux
- L’apparition d’un voile blanc sur les feuilles, pouvant évoquer un oïdium
Avec le temps, les symptômes sur le feuillage s’accentuent. Les feuilles se déforment, prennent une teinte rougeâtre et présentent des boursouflures marquées. Des galles vert pâle apparaissent, évoluant progressivement vers le rouge, accompagnées d’un gonflement prononcé des tissus végétaux.
Les jeunes pousses rougissent et se déforment à leur tour. Les fleurs peuvent devenir irrégulières, notamment en fin d’automne et en hiver. Ce point mérite une attention particulière, car certaines déformations florales à cette période sont liées au changement de photopériode et non à une attaque parasitaire.
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Photo : Shutterstock





