La mouche du semis, Delia platura, représente un danger majeur pour les cultures maraîchères et fruitières. Espèce polyphage, elle se nourrit à la fois de matières organiques en décomposition et de plantes cultivées. Ses larves attaquent directement les graines en germination et les jeunes plants, provoquant des pertes importantes. Les agriculteurs, maraîchers et horticulteurs connaissent bien la difficulté d’y faire face, car ce ravageur agit dès les premiers stades de développement des cultures.
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La mouche du semis, un ravageur polyphage et redouté
La mouche du semis, de son nom scientifique Delia platura, aussi appelée mouche grise des semis, appartient à la famille des Anthomyiidae. Ce diptère est reconnu comme l’un des ravageurs les plus redoutés des semis de légumes et de grandes cultures. Sa capacité à survivre dans des environnements variés et à attaquer un grand nombre de plantes hôtes en fait un insecte difficile à contrôler sans une stratégie adaptée.
Quelles sont les plantes hôtes ?
La mouche du semis est capable d’attaquer plus de 40 espèces cultivées. Ses hôtes les plus fréquents sont les haricots, melons, concombres, épinards, asperges, tomates, céréales, maïs, soja, tabac, radis, navets, oignons et pommes de terre.
Cette diversité d’hôtes accroît le risque pour les exploitations pratiquant une rotation courte ou une culture intensive.
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Description morphologique de la mouche du semis
L’adulte mesure entre 3 et 6 mm. Son aspect rappelle celui de la mouche domestique, avec un thorax gris jaunâtre, un abdomen marqué par une bande brunâtre, des pattes noires et des yeux légèrement rougeâtres. Ses ailes sont claires et son corps sombre présente des reflets brillants.
L’œuf, blanc nacré et fusiforme, mesure environ 1 mm. La larve, un asticot apode et acéphale de couleur blanc crème, atteint 5 à 8 mm. Elle présente des crochets buccaux noirs. La pupe, de teinte rouge-brun, est ovale et mesure près de 5 mm.
Cette morphologie, proche de celle d’autres espèces du genre Delia, rend parfois l’identification difficile sur le terrain.
Répartition et présence
Originaire d’Europe, Delia platura s’est répandue à l’échelle mondiale. Elle est désormais présente en Amérique du Nord, en Asie et dans de nombreuses zones de culture intensives.
Dans les régions méridionales, les adultes restent actifs tout au long de l’année. Dans les zones tempérées, les premiers vols apparaissent dès la fin de l’hiver, avec une intensité maximale au printemps, période critique pour les semis.
Cycle de développement de Delia Platura
La mouche du semis développe entre 3 et 6 générations par an, selon les conditions climatiques. Les pupes hivernent dans le sol, parfois à plusieurs centimètres de profondeur. Au printemps, les femelles émergent et pondent plusieurs centaines d’œufs, isolés dans le sol, sans nécessité de plantes à proximité.
Les sols humides, riches en matière organique ou fraîchement travaillés attirent particulièrement les femelles.
Après quelques jours, les œufs éclosent et les larves commencent leur activité. Le développement larvaire dure environ trois semaines, période durant laquelle elles s’attaquent aux semis et plantules. Lorsque la plante se renforce et que ses tissus durcissent, l’attractivité diminue.
La phase critique correspond aux trois à quatre semaines suivant le semis, moment où les jeunes plants sont les plus sensibles. Après la nymphose, les adultes reprennent le cycle et de nouvelles générations apparaissent.
Symptômes et dégâts de la mouche du semis
Les dommages causés par la mouche du semis sont principalement liés à l’activité des larves, qui s’attaquent directement aux jeunes stades des cultures. Les signes observés au champ sont caractéristiques et se traduisent par :
- Attaques sur graines en germination, cotylédons, tiges et racines des jeunes plants.
- Flétrissement, jaunissement et retard de croissance.
- Mauvaise levée ou absence d’émergence.
- Graines abîmées, foncées ou pourries.
- Présence de larves blanches à la base des plants.
- Entrée facilitée de pathogènes responsables de pourritures.
- Turions éclatés et amers sur asperge.
- Cotylédons détruits et plants affaiblis sur haricot.
Quels sont les facteurs aggravants des infestations ?
- Sols fraîchement travaillés et riches en matière organique.
- Températures basses ralentissant la germination.
- Semis profonds retardant la levée.
- Plantules de faible vigueur, plus vulnérables aux attaques.
Méthode de dépistage
La surveillance passe par des observations régulières au champ. Les zones où la levée est irrégulière ou absente doivent être examinées en priorité. L’arrachage de plantules permet de vérifier la présence de galeries et de larves. Les tubercules peuvent aussi être inspectés pour repérer les points d’entrée.
L’utilisation de pièges collants jaunes COLTRAP facilite la détection des adultes et permet d’anticiper les périodes de risque.
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Piège : lutte biologique
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Enrobages des semences
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Dose d’emploi pour 100 kg de semences : CHITOPROTECT 100 ml + 900 ml YAKASELF, mélanger puis laisser sécher quelques minutes avant de semer. Ne pas rajouter d’eau
Traitement
Dose d’emploi : 10 litres / 100 litres d’eau / hectare
Quelles mesures de lutte agronomiques contre Delia Plantura ?
- Retarder les semis au printemps lorsque les conditions sont fraîches et humides.
- Augmenter la densité de semis pour compenser les pertes.
- Travailler le sol à l’automne ou avant les semis afin d’exposer les pupes aux conditions climatiques défavorables et aux prédateurs.
- Réaliser des semis peu profonds pour accélérer la germination et limiter la période de sensibilité des plantules.
Photo : Shutterstock