Rouille orangée sur les feuilles, taches brunes, rameaux qui dépérissent, baies qui chutent : comment reconnaître les maladies du caféier avant qu’elles ne pénalisent la production ? En pépinière comme en plantation, le caféier peut être touché par plusieurs agents pathogènes capables d’affaiblir le feuillage, de réduire la photosynthèse, de perturber la floraison ou d’altérer la qualité des cerises. Face à ces symptômes parfois proches, l’observation du terrain reste la première étape pour poser un diagnostic fiable. Agrobiotop vous aide à identifier les différents problèmes et vous apporte ses solutions biologiques, forte de son expertise en agrobiologie.
- Rouille orangée du caféier
- Maladie des baies du caféier
- Cercosporiose du caféier ou tache brune à œil
- Maladie américaine du caféier ou œil-de-coq
- Tache brune du caféier ou phomose
- Flétrissement du caféier ou trachéomycose
- Brûlure bactérienne à halo du caféier
- Brûlure foliaire bactérienne du caféier ou coffee leaf scorch
- Virus de la tache annulaire du caféier
- Galles racinaires du caféier
- Lésions racinaires du caféier
Rouille orangée du caféier
La rouille orangée du caféier est causée par le champignon Hemileia vastatrix. Présente dans toutes les grandes régions caféières du monde, elle fait partie des maladies les plus redoutées en culture de café. Elle se développe surtout lorsque l’humidité reste élevée, avec un mouillage prolongé du feuillage, des températures proches de 21 à 25 °C, une canopée dense ou des caféiers peu vigoureux. Sur le terrain, elle se reconnaît par des taches jaunâtres irrégulières sur la face supérieure des feuilles, puis par des pustules poudreuses jaune-orangé sous le limbe. Les lésions peuvent se rejoindre, brunir au centre, provoquer une défoliation prématurée et laisser des rameaux dégarnis.
Maladie des baies du caféier
La maladie des baies du caféier est liée au champignon Colletotrichum kahawae. Elle concerne surtout les cafés arabica cultivés en altitude, principalement dans plusieurs pays d’Afrique comme le Kenya, l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe, le Mozambique, l’Angola ou encore le Cameroun. Les fortes pluies, l’eau libre sur les organes, une humidité relative très élevée et des températures autour de 22 °C favorisent son apparition, surtout sur les baies en expansion quelques semaines après la floraison. Les jeunes fruits présentent d’abord de petites lésions aqueuses, puis des taches brun noir légèrement enfoncées, parfois accompagnées d’une sporulation rose pâle par temps humide. Les baies peuvent chuter, noircir, se momifier ou porter des lésions liégeuses.
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Cercosporiose du caféier ou tache brune à œil
La cercosporiose du caféier est provoquée par le champignon Cercospora coffeicola. Très répandue dans les zones caféières du monde, elle devient souvent plus marquée dans les milieux chauds et humides, à basse altitude, sur Coffea canephora ou sur des plants affaiblis. Le stress nutritionnel, un ombrage mal adapté et la présence de feuilles contaminées au sol peuvent favoriser son expression. Les symptômes débutent par de petites taches chlorotiques, qui évoluent vers des lésions brun rouge à centre gris, souvent entourées d’un halo jaune. Sur fruits, la maladie peut aussi provoquer des taches de type “berry blotch” ou “berry spot”, avec un impact plus visible sur les jeunes plants, les pépinières et les caféiers déjà stressés.
Maladie américaine du caféier ou œil-de-coq
La maladie américaine du caféier, aussi appelée œil-de-coq, est due au champignon Mycena citricolor. Elle se rencontre surtout en Amérique centrale et dans d’autres zones néotropicales humides, avec des présences documentées au Mexique, au Costa Rica, au Guatemala et plus largement en Amérique latine. Elle touche particulièrement les arabicas d’altitude lorsque l’humidité relative est élevée, que les températures restent fraîches, autour de 20 à 23 °C, et que la parcelle associe excès d’ombre, forte densité, faible ensoleillement ou drainage insuffisant. Les feuilles portent des lésions brunes à marge rougeâtre, souvent organisées en anneaux concentriques. À un stade avancé, les tissus nécrosés peuvent se perforer. Des lésions allongées apparaissent aussi sur tiges et rameaux, tandis que les fruits peuvent présenter des zones enfoncées.
Tache brune du caféier ou phomose
La tache brune du caféier, ou phomose, est associée au champignon Boeremia exigua pv. coffeae. Les sources disponibles la signalent notamment dans des zones d’altitude au Brésil, avec une extension géographique plus large moins documentée. Elle apparaît volontiers dans des contextes de vents froids, de pluies répétées et d’altitude, parfois en coexistence avec la brûlure bactérienne à halo. La maladie s’observe sur les jeunes feuilles, où elle provoque des lésions et un dessèchement progressif. Elle peut aussi toucher les jeunes rameaux, les fleurs et les très jeunes baies, ce qui rend le diagnostic sensible à la période d’observation et au stade de développement du caféier.
Flétrissement du caféier ou trachéomycose
Le flétrissement du caféier, aussi appelé trachéomycose, est causé par le champignon Fusarium xylarioides. Cette maladie vasculaire grave est surtout associée à l’Afrique subsaharienne, avec des signalements en République démocratique du Congo, en Ouganda, en Tanzanie, en Éthiopie, mais aussi dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Elle est favorisée par la présence d’inoculum dans le sol, les blessures au collet ou aux racines, les mouvements de plants contaminés et les pratiques qui fragilisent la base des arbres. Les caféiers atteints jaunissent, perdent leurs feuilles, se dessèchent et peuvent dépérir parfois d’un seul côté. Les cerises meurent, l’écorce se fissure, le tronc peut gonfler et une coloration bleu-noir sous l’écorce constitue un indice fort sur le terrain.
Brûlure bactérienne à halo du caféier
La brûlure bactérienne à halo du caféier est provoquée par la bactérie Pseudomonas syringae pv. garcae. Elle a été signalée notamment au Brésil, au Kenya, en Éthiopie, en Inde et en Chine. Les conditions fraîches, les pluies, les vents forts, l’altitude et les blessures provoquées par la taille ou les abrasions favorisent son expression, avec une sensibilité particulière des jeunes plants et des pépinières. Les feuilles présentent des lésions brunes entourées d’un halo jaune, un symptôme assez parlant lorsque la maladie est bien installée. Elle peut aussi entraîner une forte défoliation, toucher les fleurs et les petites baies, puis provoquer le dépérissement des extrémités de rameaux et de certaines branches.
Brûlure foliaire bactérienne du caféier ou coffee leaf scorch
La brûlure foliaire bactérienne du caféier, connue aussi sous le nom de coffee leaf scorch, est due à Xylella fastidiosa subsp. pauca. Elle est surtout documentée au Brésil, avec des signalements au Costa Rica et à Porto Rico. Sa présence est liée aux insectes vecteurs cicadellides, au stress hydrique et, dans certains paysages agricoles, à la proximité d’autres plantes hôtes de Xylella. Les symptômes se manifestent par des brûlures marginales et apicales sur des feuilles récemment mûres, suivies d’une chute prématurée du feuillage. Les entre-nœuds se raccourcissent, les feuilles deviennent plus petites et chlorotiques, les extrémités dépérissent, les plants se rabougrissent et les fruits peuvent rester de petit calibre.
Virus de la tache annulaire du caféier
Le virus de la tache annulaire du caféier est causé par le Coffee ringspot virus. Il est signalé au Brésil, notamment dans les États du Paraná, de São Paulo, du Minas Gerais et dans le District fédéral, ainsi qu’au Costa Rica. La maladie est liée à la présence de l’acarien vecteur Brevipalpus phoenicis, ce qui explique des foyers parfois localisés. Sur les feuilles, elle provoque des taches annulaires chlorotiques ou des marques irrégulières. Les fruits et les rameaux verts peuvent aussi porter des symptômes, avec une maturation irrégulière des cerises. Lors de fortes attaques, une chute foliaire peut être observée, accompagnée d’une baisse de la qualité des grains issus de fruits symptomatiques.
Galles racinaires du caféier
Les galles racinaires du caféier sont principalement associées au nématode Meloidogyne exigua. Cette contrainte souterraine est présente dans plusieurs grandes régions caféières, dont le Brésil, la Colombie, l’Amérique centrale ou le Vietnam, avec une composition d’espèces variable selon les zones. Les sols infestés, les plants contaminés, les variétés sensibles et les stress racinaires favorisent les dégâts. Les symptômes aériens restent peu spécifiques au départ : jaunissement rapide, chute des feuilles, perte de vigueur et affaiblissement général. L’observation des racines permet d’aller plus loin, avec de petites galles rondes, parfois accompagnées de masses d’œufs, et un système racinaire qui fonctionne moins bien. Les plants fortement atteints peuvent se déchausser facilement.
Lésions racinaires du caféier
Les lésions racinaires du caféier sont liées au nématode Pratylenchus coffeae. Cette maladie racinaire est signalée dans plusieurs zones caféières tropicales, notamment au Guatemala, au Salvador, en Indonésie, au Vietnam, en Inde et en Amérique centrale. Les parcelles infestées, les climats tropicaux chauds et les systèmes où les racines subissent déjà un stress favorisent l’expression des symptômes. Les racines présentent des nécroses souvent peu spécifiques, ce qui rend la maladie plus difficile à repérer sans observation fine du système racinaire. Au-dessus du sol, les caféiers montrent une chlorose, une croissance ralentie, une baisse de vigueur et, chez les jeunes plants, une mortalité possible lorsque la pression parasitaire est forte.
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