Quels sont les ravageurs de la vigne qui menacent vraiment la vigueur des ceps, la qualité du feuillage et le potentiel de la récolte ? Entre insectes piqueurs-suceurs, acariens, vers de la grappe et ravageurs du bois, leurs attaques peuvent fragiliser la plante à différents stades et provoquer des dégâts parfois rapides si les premiers signaux ne sont pas repérés à temps. Agrobiotop vous aide à identifier les différents problèmes et vous apporte ses solutions efficace pour la viticulture, forte de son expertise en agrobiologie.
Phylloxéra de la vigne
Le phylloxéra de la vigne (Daktulosphaira vitifoliae) est une variété de puceron. Sur feuilles, il se repère par des galles visibles, souvent vertes à rougeâtres, accompagnées de décolorations localisées. Sur racines, il provoque des nodosités sur les radicelles, puis des déformations plus marquées sur les racines âgées, avec nécroses et fissures qui ouvrent la voie à d’autres désordres. Dans les parcelles greffées, sa nuisibilité racinaire demeure aujourd’hui limitée, mais le risque remonte sur matériel sensible, repousses de porte-greffes ou vignes franches de pied. La vigilance doit donc se concentrer sur les ceps atypiques, les zones à sols non sableux et les foyers foliaires localisés, car ce ravageur conserve une capacité de multiplication élevée au fil de plusieurs générations annuelles.
Eudémis de la vigne
L’eudémis de la vigne (Lobesia botrana) est une lépidoptère de la famille des Tortricidae. Il fait partie des ravageurs les plus surveillés sur grappes. En première génération, la chenille s’attaque surtout aux inflorescences. Plus tard, les larves perforent les baies et installent des foyers sur grappes, ce qui fragilise directement la récolte. Le vrai danger se joue souvent à l’approche de la vendange : les perforations favorisent l’installation de pourritures et altèrent le potentiel qualitatif. Ce ravageur apprécie particulièrement les contextes chauds et secs, avec deux à quatre générations possibles selon les zones.
Vous avez besoin d’une expertise et de solutions pour vos vignobles ?
Cochylis de la vigne
La cochylis (Eupoecilia ambiguella) agit selon une logique proche de celle de l’eudémis, avec une pression marquée sur les organes fructifères. Ses chenilles touchent d’abord les inflorescences, puis les grappes en cours de saison, où les baies perforées deviennent des portes d’entrée pour les microorganismes responsables de dégradations sanitaires. Elle est souvent mieux installée dans des contextes frais et humides. Sa nuisibilité se lit autant dans la perte de récolte que dans la dégradation de la qualité des jus.
Pyrale de la vigne
La pyrale de la vigne (Sparganothis pilleriana) est un lépidotpère qui cible avant tout le feuillage, parfois avec une intensité spectaculaire dans certains foyers. Les chenilles peuvent consommer une grande partie des feuilles, au point d’affaiblir durablement le cep lorsque les attaques se répètent. Le problème ne se limite donc pas à la surface foliaire perdue : aoûtement perturbé, vigueur en baisse, sensibilité accrue du végétal et, dans des cas extrêmes, mortalité de ceps fortement atteints. Cette espèce ne réalise qu’une génération par an, avec des chenilles hivernantes qui reprennent leur activité au printemps.
Cicadelle verte
La cicadelle verte de la vigne (Empoasca vitis) se signale par des grillures foliaires typiques qui peuvent rapidement modifier la physionomie du vignoble. Sur cépages blancs, les feuilles jaunissent ; sur cépages rouges, elles rougissent, avant de nécroser en bordure. Ce symptôme traduit une perte d’efficacité du feuillage, avec baisse de photosynthèse, maturation ralentie et bois qui aoûtent mal. Dans les situations de forte pression, la baisse de rendement n’est pas rare. Le ravageur apprécie les ambiances chaudes, humides, abritées et les vignes à végétation dense. Le stade nuisible correspond surtout aux larves.
Cicadelle de la flavescence dorée
Chez cette cicadelle (Scaphoideus titanus), le danger ne vient pas tant de la piqûre elle-même que de sa fonction de vecteur. Elle transmet l’agent responsable de la flavescence dorée, maladie redoutée pour ses conséquences agronomiques et réglementaires. Quand elle circule dans une parcelle contaminée, les pertes peuvent devenir lourdes : baisse de rendement, dégradation de la qualité, affaiblissement des ceps, arrachages sanitaires et protocoles de lutte imposés en zones concernées. Son cycle annuel, avec œufs hivernants sous l’écorce puis éclosions étalées entre mai et l’été, rend la surveillance très technique.
Flatide pruineux
Le flatide pruineux (Metcalfa pruinosa) est un insecte hémiptère qui attire l’attention par sa présence visuelle : colonies larvaires cireuses, manchons cotonneux, miellat abondant et développement de fumagine. Derrière ces indices très visibles, les dégâts peuvent être réels sur rameaux, feuilles, bourgeons et parfois grappes. Les jeunes rameaux peuvent s’affaiblir, devenir cassants ou se dessécher, tandis que certains bourgeons avortent. La vigne pâtit aussi du miellat, qui encrasse les organes et réduit l’activité photosynthétique. Cette espèce, bien installée dans de nombreuses régions, produit une génération annuelle avec des œufs hivernants sous l’écorce.
Thrips de la vigne
Les thrips de la vigne (Drepanothrips reuteri) agissent surtout sur les jeunes tissus, ce qui explique la diversité de leurs symptômes en début de saison. Jeunes pousses à croissance irrégulière, entre-nœuds raccourcis, développement en zigzag, feuilles en cuiller, gaufrures, puis altérations des jeunes grains : ce ravageur peut perturber la mise en place du potentiel de récolte bien avant la véraison. Sur les baies, il provoque des aspects liégeux, des craquelures et un russet qui pénalisent fortement la présentation, surtout en raisin de table.
Acariose de la vigne
L’acariose est un du à acarien (Calepitrimerus vitis), qui s’exprime souvent très tôt, dès le débourrement, et c’est ce caractère précoce qui la rend pénalisante. Certains bourgeons ne s’ouvrent pas, d’autres donnent des pousses faibles, rabougries ou vite caduques. Les feuilles restent petites, parfois mosaïquées, plissées ou gaufrées, avec des croûtes sombres sous les nervures. Les rameaux présentent des entre-nœuds courts et les grappes peuvent brunir, éclater ou avorter. Les jeunes vignes encaissent particulièrement mal ces attaques, avec des pertes parfois marquées.
Érinose de la vigne
L’érinose de la vigne est provoquée par Eriophyes vitis , repérée par ses cloques sur la face supérieure des feuilles et par le feutrage clair qui apparaît au revers. Son aspect est spectaculaire, parfois inquiétant au premier regard, alors que sa gravité reste souvent modérée sur vignes adultes. Cela ne veut pas dire qu’elle soit anodine : lorsqu’elle intervient tôt et intensément, elle peut réduire la photosynthèse, perturber la floraison et favoriser de la coulure. Certaines attaques touchent aussi les fleurs. L’acarien responsable n’est pas visible à l’œil nu, ce qui oblige à raisonner à partir des symptômes foliaires.
Acarien rouge
L’acarien rouge (Panonychus ulmi) agit par ponctions répétées sur le feuillage, ce qui donne à la vigne un aspect plombé, brun-verdâtre, sans production de toile. Quand la colonisation monte, la vigne perd en efficacité physiologique : la photosynthèse recule, l’eau se perd plus vite, les feuilles chutent prématurément et la maturation peut se dégrader, jusqu’au degré alcoolique futur. Ce ravageur hiverne sous forme d’œufs sur le bois, puis redémarre dès que les températures remontent au printemps. Avec plusieurs générations possibles au cours de la saison, la pression peut s’installer durablement.
Acarien jaune
L’acarien jaune (Eotetranychus carpini) pénalise la vigne à deux moments clés : au débourrement, puis en été. En début de campagne, il peut dessécher de jeunes pousses et provoquer de la coulure sur inflorescences. Plus tard, il se traduit par des toiles, des décolorations jaunes à rouges, un feuillage mosaïqué puis des plages nécrotiques qui donnent à la souche un aspect prématurément automnal. Le mauvais aoûtement et la chute précoce des feuilles se répercutent ensuite sur le niveau de sucre des raisins. Ce ravageur est surtout observé dans la moitié sud sur vigne, avec de nombreuses générations possibles selon la chaleur.
Nématode vecteur du court-noué
Ce nématode vit dans le sol et agit discrètement, mais ses conséquences peuvent s’avérer lourdes pendant des années. Son impact direct sur les racines existe, mais le problème majeur tient à la transmission du virus du court-noué. Les ceps touchés montrent alors des entre-nœuds raccourcis, des feuilles déformées, une vigueur réduite et une baisse de production qui s’installe dans la durée. La parcelle peut rester contaminante longtemps, y compris pour une replantation, car cet organisme survit plusieurs années dans le sol. Les sols argileux lui sont généralement plus favorables que les sables.
Cochenilles de la vigne
Leurs effets convergent souvent vers un affaiblissement progressif du cep. En pompant la sève sur les organes verts, elles fatiguent la vigne sur plusieurs campagnes. Leur miellat favorise ensuite la fumagine, qui salit feuilles et grappes et peut nuire à la qualité de la vendange. Certaines espèces jouent aussi un rôle dans la diffusion de virus responsables d’enroulements, ce qui change totalement la portée du problème. Leur présence varie selon les régions, les climats et les espèces concernées : formes à coque ou floconneuses dans plusieurs vignobles septentrionaux, formes farineuses davantage marquées dans les secteurs plus chauds.
D’autres conseils sur les vignes :
Photo : Shutterstock





