La luzerne attire aussi de nombreux ravageurs capables d’affaiblir le couvert, de freiner la repousse et de réduire la qualité du fourrage. Mieux repérer ces bioagresseurs, savoir à quels moments ils s’installent et reconnaître leurs dégâts permet d’agir avec plus de justesse sur le terrain. Découvrez également nos solutions pour protéger vos cultures de luzerne.
- Phytonome de la luzerne
- Otiorhynque de la luzerne
- Négril
- Sitone du pois
- Puceron noir de la luzerne
- Puceron vert ou rose du pois
- Thrips du pois
- Capside ou punaise de la luzerne
- Punaise terne européenne
- Cécidomyie des fleurs de luzerne
- Tordeuse de la luzerne
- Charançon des gousses ou tychius
- Mineuses des feuilles
- Cicadelle
- Chenille de la luzerne
- Aleurode du tabac
Phytonome de la luzerne
Le phytonome de la luzerne (Hypera postica) est un charançon dont les larves causent l’essentiel des dégâts, surtout au printemps, avec des pics souvent observés en avril et mai. Ce sont elles qui dévorent le feuillage et provoquent une défoliation parfois nette sur les parcelles infestées. Sur le terrain, leur repérage repose surtout sur leur aspect vert, marqué par une bande claire latérale. Ce ravageur est bien connu en Europe, y compris en France, et mérite une attention particulière sur les premiers cycles de végétation ainsi qu’en production de semences.
Otiorhynque de la luzerne
L’otiorhynque de la luzerne (Otiorhynchus ligustici) agit à deux niveaux, puisque les adultes s’attaquent au feuillage tandis que les larves creusent des galeries dans les racines. Cette double pression peut conduire à un flétrissement, à un arrêt de croissance, voire à la mortalité de certains pieds. L’adulte est un grand charançon gris-brun, au corps convexe, avec des élytres soudés qui l’empêchent de voler, alors que la larve est blanche, sans pattes, avec une tête brune. Les adultes deviennent actifs dès avril, mais les larves s’installent dans un cycle plus long, qui peut s’étendre sur près d’un an.
Négril
Le négril (Colaspidema barbarum, syn. C. atrum) est un coléoptère de la famille des Chrysomélidés qui peut occasionner une forte consommation du feuillage, avec une incidence marquée sur la deuxième pousse. Les larves sont les plus nuisibles, même si les adultes noirs brillants sont déjà faciles à repérer dans la parcelle. Les œufs sont pondus en amas mucilagineux, tandis que les larves, d’abord jaunâtres puis plus sombres, présentent un aspect velu ou ponctué de plaques pigmentées. Les adultes apparaissent dès avril et les larves dominent surtout entre mai et juin.
Vous avez besoin d’une expertise et de solutions pour vos cultures de luzerne ?
Sitone du pois
Le sitone du pois (Sitona lineatus) est un petit charançon gris-brun à rostre très court, bien repérable aux encoches semi-circulaires qu’il laisse sur le bord des folioles. Les adultes peuvent affaiblir les jeunes semis lorsque les morsures sont nombreuses, alors que les larves s’attaquent aux nodosités et aux racines, avec à la clé un retard de végétation parfois visible. Les adultes hivernants sortent généralement en avril, la ponte s’étale de mai à juillet, puis de nouveaux adultes apparaissent en été. Sur luzerne, sa présence n’est pas toujours spectaculaire au premier regard, mais les traces foliaires restent très caractéristiques.
Puceron noir de la luzerne
Le puceron noir de la luzerne (Aphis craccivora) colonise les jeunes pousses, les feuilles et les inflorescences, où nymphes et adultes prélèvent la sève. En cas de forte pullulation, la croissance et la floraison peuvent être perturbées, avec en plus la présence de miellat qui attire souvent les fourmis. Les individus aptères sont noirs, petits, souvent inférieurs à 2 mm, avec des pattes plutôt pâles et des cornicules noires ; les formes ailées restent elles aussi très sombres. Cette espèce très polyphage est largement signalée sur les Fabacées, ce qui explique sa présence régulière dans les peuplements de luzerne.
Puceron vert ou rose du pois
Le puceron vert ou rose du pois (Acyrthosiphon pisum) peut devenir gênant lorsque les colonies se développent fortement sur la luzerne. Il provoque alors une succion du phloème qui s’accompagne de feuilles en croissance déformées ou jaunissantes. Ce puceron mesure en général entre 2,2 et 3 mm et présente une coloration variable, du vert clair au rose, avec de longues antennes, une cauda allongée et des cornicules bien visibles. Les œufs d’hiver peuvent éclore dès février, ce qui ouvre la voie à de nombreuses générations dans l’année, en particulier lorsque les conditions deviennent favorables.
Thrips du pois
Le thrips du pois (Kakothrips robustus, syn. Frankliniella robusta) est un ravageur discret par sa taille, mais ses effets peuvent être marqués sur les pousses et les organes floraux. Larves et adultes provoquent des ponctions superficielles qui affaiblissent les tissus, avec des inflorescences pouvant devenir ratatinées ou stériles, ainsi que des piqûres brillantes visibles sur les gousses. Les vols commencent en général dès mai, avec un pic en juin, puis la ponte se poursuit souvent en juin et juillet.
Capside ou punaise de la luzerne
La capside de la luzerne (Adelphocoris lineolatus) pique les tiges, les bourgeons et les gousses, notamment dans les parcelles porte-graines, où elle peut provoquer des avortements et des altérations des organes reproducteurs. L’insecte adulte a une silhouette ovale et allongée typique des Miridés, et ses larves peuvent rappeler des pucerons au premier coup d’œil, mais elles se déplacent bien plus vite. Sa présence devient surtout marquante en fin de cycle, entre juin et août, période où la surveillance des structures florales et fructifères prend tout son sens.
Punaise terne européenne
La punaise terne européenne (Lygus rugulipennis) appartient elle aussi aux Miridés et s’attaque surtout aux bourgeons, aux fleurs et aux gousses. Ses piqûres peuvent entraîner des bourgeons avortés, une chute des fleurs et des semences mal formées. Ce ravageur est surtout observé entre juin et août dans les productions de semences, où son impact porte moins sur la masse végétative que sur le potentiel reproducteur de la culture.
Cécidomyie des fleurs de luzerne
La cécidomyie des fleurs de luzerne (Contarinia medicaginis) est un très petit diptère dont les larves se développent directement dans les tissus floraux. Elles provoquent des déformations en galles, bloquent la floraison utile et empêchent la formation normale des graines. Les adultes mesurent à peine 2 à 3 mm, tandis que les larves apodes orangées se trouvent à l’intérieur des fleurs atteintes. Les galles florales constituent un signe d’alerte très parlant sur le terrain. Ce ravageur est signalé dans plusieurs régions d’Europe et intervient surtout pendant la fenêtre de floraison, du printemps à l’été selon les secteurs.
Tordeuse de la luzerne
Cydia medicaginis est considérée comme un ravageur important des graines en Europe. Ce sont les larves qui causent les dégâts en s’attaquant aux gousses et aux semences en formation.
Charançon des gousses ou tychius
Le charançon des gousses, ou tychius (Tychius aureolus), est un petit coléoptère brun clair de 2 à 3 mm.. Llorsqu’il est dérangé, il se laisse tomber au sol. Adultes et larves sont impliqués dans les pertes, mais ce sont surtout les larves présentes dans les gousses qui réduisent le nombre de graines viables. Les premières apparitions peuvent avoir lieu dès avril ou mai, avec des pics plus fréquents en juin et juillet.
Mineuses des feuilles
Les mineuses des feuilles, regroupées ici dans la famille des Agromyzidés, agissent au stade larvaire. Les asticots creusent des galeries entre les deux épidermes des feuilles, formant des mines visibles par transparence. Ces dégâts réduisent la surface photosynthétique active et peuvent aussi dégrader la qualité du fourrage récolté.
Cicadelle
La cicadelle, notamment Empoasca fabae provoque un jaunissement puis une nécrose des bords de feuilles, associés à un rabougrissement de la plante.
Chenille de la luzerne
La coliade de la luzerne (Colias eurytheme) est la larve d’un papillon de la famille des Piéridés et occasionne une défoliation parfois marquée. Les chenilles, généralement vertes, se développent sur le feuillage et peuvent réduire rapidement la masse végétative disponible.
Aleurode du tabac
L’aleurode du tabac (Bemisia tabaci) appartient à un complexe d’espèces largement répandu dans les régions chaudes. Larves et adultes piquent les tissus et provoquent des chloroses ainsi qu’un affaiblissement général de la plante. Le miellat qu’ils produisent favorise ensuite la fumagine et laisse des surfaces collantes, ce qui dégrade aussi la qualité de la récolte.
D’autres conseils :
- Maladies de la luzerne
Photo : Shutterstock





