Cicadelle de la flavescence dorée

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La cicadelle de la flavescence dorée, Scaphoideus titanus, fait partie des ravageurs les plus surveillés en viticulture, non pas par ses piqûres seules, mais par son rôle de vecteur du phytoplasme responsable de la flavescence dorée. Présente dans de nombreux vignobles français, elle impose une vigilance forte dès les premiers stades larvaires, car la propagation de la maladie peut entraîner des pertes de rendement, un affaiblissement des ceps et des mesures d’arrachage en parcelles contaminées. Agrobiotop accompagne les viticulteurs à identifier ce ravageur, à reconnaître les symptômes associés et à intégrer des solutions naturelles dans une stratégie de protection efficace.

Qu’est-ce que la flavescence dorée ?

La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne, causée par le phytoplasme de la flavescence dorée. Cet agent pathogène se développe dans le phloème, au niveau des tubes criblés, ce qui perturbe la circulation de la sève élaborée et affaiblit progressivement le cep. En viticulture professionnelle, cette maladie demande une surveillance attentive, car elle associe un agent pathogène très préjudiciable à un vecteur spécialisé : la cicadelle de la flavescence dorée, Scaphoideus titanus.

  • Agent responsable : phytoplasme de la flavescence dorée.
  • Nature de l’agent : petite bactérie sans paroi, appartenant à la classe des Mollicutes.
  • Zone de développement dans la plante : phloème de la vigne.
  • Vecteur principal : cicadelle de la flavescence dorée, Scaphoideus titanus.
  • Plante concernée : vigne, principalement les plantes du genre Vitis.
  • Statut : maladie de quarantaine, réglementée et très contagieuse en viticulture.
  • Gravité : pertes de récolte, baisse de qualité des raisins, mort possible du cep, risque d’arrachage des ceps ou des parcelles contaminées.

Répartition géographique de la flavescence dorée

La flavescence dorée est présente dans la plupart des grandes zones viticoles du sud de l’Europe, avec des signalements en Espagne, en France, en Italie, au Portugal, en Suisse, en Slovénie et en Serbie. En France, elle a été observée dans plusieurs régions viticoles, dont l’Aquitaine, la Bourgogne, la Corse, le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes et la région PACA. Son vecteur, Scaphoideus titanus, a été introduit accidentellement depuis l’Amérique du Nord, puis s’est implanté dans le vignoble du Sud-Ouest au début du XXe siècle avant de se diffuser vers d’autres bassins viticoles français, la Corse, l’Italie, la Suisse et le sud de l’Europe.

Cicadelle de la flavescence dorée : le vecteur principal de la maladie

La cicadelle de la flavescence dorée, Scaphoideus titanus, appartient à l’ordre des homoptères et à la famille des Cicadellidae. L’adulte mesure environ 6 à 7,5 mm, avec un corps allongé et une coloration marbrée de brun et de jaune. Les larves passent par cinq stades successifs ; elles sont aptères, jaune pâle au premier stade, puis plus jaunes aux stades 2 et 3, avec deux points noirs caractéristiques à l’extrémité de l’abdomen. Aux stades 4 et 5, la pigmentation progresse sur l’abdomen puis sur le thorax. Les larves et les adultes se nourrissent de sève, surtout par piqûres sur la face inférieure des nervures des feuilles. Les dégâts directs de nutrition restent secondaires ; le risque agronomique majeur vient de la transmission du phytoplasme de la flavescence dorée.

Biostimulants
Lutte biologique

Cycle biologique de Scaphoideus titanus

Scaphoideus titanus réalise une seule génération par an et accomplit tout son cycle sur la vigne. L’insecte hiverne sous forme d’œufs déposés dans l’écorce des bois de vigne. Les éclosions ont lieu au printemps et peuvent s’étaler de début mai à début juillet, ce qui explique la présence simultanée de plusieurs stades larvaires dans une même parcelle. Les cinq stades larvaires se succèdent environ tous les dix jours dans les conditions naturelles, avec un développement total d’environ 50 à 55 jours, parfois 6 à 8 semaines selon le climat. Les premiers adultes apparaissent souvent entre début juillet et mi-juillet, deviennent sexuellement matures après environ dix jours, puis les pontes culminent en août et septembre avant la mort des adultes à l’automne.

Comment le phytoplasme est transmis par la cicadelle ?

La transmission commence lorsque la cicadelle pique une vigne déjà malade pour se nourrir dans le phloème. Cette phase correspond à l’acquisition du phytoplasme. Après ce repas contaminant, l’insecte ne devient pas infectieux immédiatement : une période de latence d’environ 30 jours est nécessaire. Durant cette phase, le phytoplasme traverse la paroi de l’intestin, gagne l’hémolymphe, atteint différents organes et se multiplie notamment dans les glandes salivaires.

Lorsque le phytoplasme atteint les cellules sécrétrices salivaires, la cicadelle peut l’injecter dans une nouvelle vigne lors d’un autre repas. Après cette période d’incubation, l’insecte reste infectieux toute sa vie et peut contaminer plusieurs ceps au fil de ses déplacements. Le phytoplasme n’est pas transmis à la descendance de la cicadelle. Une fois installé dans le phloème de la vigne, il peut se multiplier et se maintenir dans le cep pendant toute la vie de celui-ci.

Transmission par greffage

La flavescence dorée peut aussi se transmettre par le greffage lorsque des bois issus de vignes mères contaminées sont utilisés en pépinière. Des plants infectés peuvent alors introduire la maladie dans de nouvelles exploitations, parfois loin du foyer initial. Pour les professionnels de la filière viticole, la qualité sanitaire des pieds mères et du matériel végétal constitue donc un point de vigilance majeur dans la limitation des risques de diffusion.

Une maladie qui peut progresser rapidement dans les parcelles

Sans maîtrise du vecteur et des foyers infectieux, la flavescence dorée peut se propager rapidement. La dissémination est favorisée par l’activité alimentaire de la cicadelle sur la vigne, avec une progression souvent observée de proche en proche. Dans les parcelles, la maladie apparaît fréquemment sous forme de taches, qui s’agrandissent d’année en année à partir d’un foyer primaire. Les vignes abandonnées, les repousses sauvages et les ceps contaminés peuvent maintenir le phytoplasme dans l’environnement viticole et alimenter de nouvelles contaminations.

Facteurs favorables au développement de la flavescence dorée

Le développement de la flavescence dorée dépend de l’interaction entre la plante hôte, le vecteur, les pratiques culturales et les conditions climatiques.

  • Le climat influence le cycle de Scaphoideus titanus, notamment les périodes d’éclosion, de développement larvaire et d’apparition des adultes.
  • Les pratiques de greffage peuvent favoriser la diffusion de la maladie lorsque le matériel végétal est contaminé.
  • Le cépage cultivé influence la sensibilité à la maladie et la vitesse de propagation.
  • Les cépages Cabernet Sauvignon, Sauvignon et Chardonnay sont particulièrement sensibles, avec une progression parfois rapide dans les parcelles.
  • Les cépages Merlot, Sémillon et Syrah sont considérés comme plus tolérants, avec une dissémination généralement plus lente.
  • La présence de ceps malades, de repousses sauvages ou de vignes abandonnées augmente le risque de maintien du phytoplasme dans le vignoble.

Dégâts provoqués par la flavescence dorée sur la vigne

La cicadelle se nourrit de sève par piqûres, mais les pertes observées au vignoble sont surtout liées à sa capacité à transmettre le phytoplasme responsable de la flavescence dorée.

Le cep contaminé peut subir un affaiblissement durable, puis mourir, parfois environ deux ans après la contamination. Les pertes de rendement peuvent être importantes, notamment à cause du flétrissement des inflorescences et du dessèchement des grappes.

Les symptômes peuvent rester localisés sur une partie du cep ou toucher toute la plante. Leur expression varie selon la vigueur de la vigne, le cépage, les conditions climatiques et le stade de développement. Les symptômes ne sont généralement pas visibles l’année de l’infection ; ils apparaissent plutôt l’année suivante, parfois plusieurs années après.

  • Au printemps, la vigne peut présenter un retard au débourrement et un flétrissement des inflorescences.
  • À la véraison, les feuilles deviennent dures, cassantes, décolorées et plus ou moins enroulées selon les cépages.
  • Sur cépages blancs, les feuilles jaunissent ; sur cépages rouges, elles rougissent.
  • Les grappes peuvent se dessécher à partir de la rafle.
  • Les baies issues de ceps malades peuvent devenir fibreuses, avec un goût amer et aigre.
  • La qualité des raisins est fortement dégradée, avec un impact direct sur la qualité du vin et sa commercialisation.
  • En fin d’été, les bois peuvent mal aoûtter : les rameaux restent verts, flexueux et parfois retombants.
  • Des ponctuations brunes peuvent apparaître sur l’écorce.
  • Les porte-greffes expriment souvent peu de symptômes, mais peuvent tout de même être porteurs du phytoplasme.
  • Les repousses sauvages de vigne peuvent servir de sources de contamination.
  • Les parcelles fortement contaminées peuvent être soumises à des mesures d’arrachage.

Confusions possibles avec d’autres maladies de la vigne

Les symptômes de la flavescence dorée peuvent être confondus avec ceux de l’excoriose, notamment lorsque l’on observe une coloration des nervures et du pétiole ou un aoûtement partiel. La confusion est aussi fréquente avec le bois noir, une autre maladie à phytoplasme qui provoque des symptômes proches. Sur le terrain, l’observation visuelle oriente le diagnostic, mais la différenciation fiable entre bois noir et flavescence dorée nécessite une analyse en laboratoire.

Cadre réglementaire de la lutte contre la flavescence dorée

La flavescence dorée est une maladie de quarantaine. Dans les zones contaminées, la lutte est réglementée et obligatoire en raison de la gravité de la maladie, de sa forte capacité de propagation, de son impact économique et des risques pour les vignobles voisins. Pour les exploitations viticoles, ce cadre réglementaire impose une attention constante aux foyers déclarés, aux ceps symptomatiques et à la présence du vecteur dans les parcelles.

Photo : Shutterstock

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