Ravageurs du blé

ravageurs blé

Quels ravageurs peuvent fragiliser une parcelle de blé, réduire le peuplement ou pénaliser le rendement avant même que les dégâts soient pleinement visibles ? Des semis jusqu’au remplissage des grains, le blé peut être exposé à plusieurs bioagresseurs : insectes du sol, pucerons, cicadelles, cécidomyies, mouches ou encore limaces selon les contextes agronomiques, les conditions climatiques et l’historique de la parcelle. Agrobiotop vous apporte un appui technique pour reconnaître les différents ravageurs du blé et mobiliser des solutions naturelles en phase avec les besoins de vos parcelles.

Les pucerons du blé

Les pucerons du blé regroupent plusieurs espèces capables d’affaiblir les plantes par prélèvement de sève, mais aussi de transmettre des viroses, notamment sur jeunes céréales d’hiver. Leur impact dépend de l’espèce présente, du stade du blé et de la précocité de l’attaque.

  • Puceron des céréales : Rhopalosiphum padi colonise surtout les jeunes céréales d’hiver à l’automne. Ses piqûres restent souvent secondaires, mais il est un vecteur majeur de la JNO/BYDV, avec des foyers de jaunissement, du nanisme, une baisse du tallage et des pertes marquées lors de contaminations précoces.
  • Puceron de l’épi : Sitobion avenaes’installe sur les feuilles supérieures puis sur les épis dès leur sortie. Les dégâts touchent surtout l’épiaison et le remplissage du grain, avec baisse du poids de mille grains, grains moins bien remplis et parfois réduction du nombre de grains par épi.
  • Grand puceron des céréales : Metopolophium dirhodum se développe principalement sur les limbes foliaires. Il prélève la sève, affaiblit la photosynthèse et participe au complexe des pucerons des céréales, avec un impact accru lorsque la culture est déjà sous stress.
  • Puceron russe du blé : Diuraphis noxia colonise les jeunes céréales à la base des feuilles en croissance. Il provoque enroulement foliaire, stries chlorotiques blanches à jaunes, parfois rougeâtres, réduction du nombre de feuilles et de talles, puis baisse de rendement lorsque l’attaque est précoce.

Cicadelle vectrice du WDV

La cicadelle vectrice du WDV est associée à Psammotettix striatus, aussi connu en contexte agronomique sous le nom de Psammotettix alienus. Cet hémiptère de la famille des Cicadellidae pique les jeunes plants et peut transmettre le Wheat dwarf virus. Les dégâts les plus marquants ne viennent donc pas seulement de la nutrition, mais de la virose transmise : pieds chétifs, nanisme prononcé, perte de vigueur et fortes pertes de rendement lorsque la contamination se produit à l’automne.

Mouche grise du blé

La mouche grise du blé, Delia coarctata, appartient à l’ordre des Diptera et à la famille des Anthomyiidae. Les larves pénètrent à la base des tiges en fin d’hiver puis remontent vers le bourgeon terminal. Le maître-brin jaunit, sèche et se détache facilement lorsqu’on tire dessus. Les dégâts portent donc sur les tiges et les talles, avec une perte de peuplement fonctionnel qui peut pénaliser la capacité de la culture à former un couvert régulier.

Oscinie

L’oscinie, Oscinella frit, est un diptère de la famille des Chloropidae. Elle attaque les plantules de blé entre la levée et le début du tallage. La larve consomme l’intérieur d’une tige, ce qui provoque le flétrissement, le jaunissement puis le dessèchement de la feuille centrale. Les dégâts sont surtout pénalisants sur les stades très jeunes, avant que la plante ne puisse compenser par le tallage.

Biostimulants
Lutte biologique

Mouche jaune

La mouche jaune, Opomyza florum, appartient à l’ordre des Diptera et à la famille des Opomyzidae. Ses larves détruisent l’épi en formation à l’intérieur d’une tige. Au champ, on observe souvent le jaunissement de la dernière feuille pointante, une tige qui se retire facilement et un épi avorté. Les dégâts touchent fréquemment une tige isolée, mais ils peuvent devenir plus visibles lorsque les conditions favorisent plusieurs attaques dans une même parcelle.

Chlorops du blé

Le chlorops du blé, Chlorops pumilionis, est un diptère de la famille des Chloropidae. Les larves pénètrent dans les pousses et perturbent le développement des jeunes tiges. Les symptômes prennent souvent la forme de cœurs morts, de talles secondaires rabougries et de plantes moins vigoureuses. Le risque augmente surtout lors des semis précoces et des automnes doux, qui prolongent les périodes favorables à la ponte.

Mouche de Hesse

La mouche de Hesse, Mayetiola destructor, appartient à l’ordre des Diptera et à la famille des Cecidomyiidae. Les larves se nourrissent à la base des feuilles ou au niveau des nœuds. Les plantes atteintes deviennent trapues, raides, parfois vert bleuâtre, avec des tissus épaissis. Sur jeunes plantes, une forte attaque peut entraîner des mortalités hivernales ; au printemps, elle affaiblit les tiges et peut gêner l’épiaison.

Les cécidomyies du blé

Les cécidomyies du blé regroupent plusieurs diptères de la famille des Cecidomyiidae, dont les dégâts peuvent toucher les fleurs, les grains en formation ou les tiges selon l’espèce. Leur présence est souvent liée à des stades sensibles du blé, notamment autour de l’épiaison-floraison.

  • Cécidomyie orange du blé : Sitodiplosis mosellana pond dans les fleurs pendant l’épiaison-floraison. Les larves consomment directement le grain en formation, ce qui réduit sa taille, le déforme et dégrade le rendement comme la qualité technologique.
  • Cécidomyie jaune du blé : Contarinia tritici pond également dans les fleurs autour de l’épiaison-floraison. Les larves se nourrissent surtout des pièces florales, entraînant plutôt une réduction du nombre de grains par avortement qu’une baisse de taille des grains déjà formés.
  • Cécidomyie équestre : Haplodiplosis marginata migre sous la gaine foliaire au stade larvaire et se nourrit sur les entre-nœuds. Elle provoque des galles en forme de selle, fragilise les tiges, favorise la verse et peut compliquer la récolte lors de fortes attaques.

Criocère des céréales

Le criocère des céréales, Oulema melanopus, appartient à l’ordre des Coleoptera et à la famille des Chrysomelidae. Les larves rongent le parenchyme entre les nervures, tout en laissant souvent l’épiderme inférieur intact. Les feuilles présentent alors des plages décolorées, parfois très visibles au printemps. Sur blé tendre d’hiver, ces dégâts peuvent sembler spectaculaires, mais leur impact dépend du niveau d’attaque et de la capacité de compensation de la culture.

Zabre des céréales

Le zabre des céréales, Zabrus tenebrioides, est un coléoptère de la famille des Carabidae. Les larves vivent en galerie dans le sol et sortent la nuit pour dévorer les feuilles des plantules. Il ne reste parfois que les nervures, avec des feuilles tirées dans les galeries et des plantules qui disparaissent en foyers. Les pertes se manifestent surtout par une baisse de peuplement au départ de la culture.

Taupins

Les taupins du blé regroupent notamment Agriotes lineatus, Agriotes obscurus et Agriotes sputator, des coléoptères de la famille des Elateridae. Les larves vivent dans le sol et attaquent les organes souterrains, le collet ou la base des tiges. Elles perforent, lacèrent ou sectionnent les tissus, entraînant jaunissement, dessèchement, retard de croissance et parfois disparition des plantules. Les dégâts sont surtout sensibles en début de cycle, lorsque le blé n’a pas encore installé un peuplement solide.

Les cèphes du blé

Les cèphes du blé sont des hyménoptères de la famille des Cephidae dont les larves se développent à l’intérieur des tiges. Les dégâts se remarquent surtout en fin de cycle, lorsque les tiges fragilisées cassent, versent ou deviennent difficiles à récolter.

  • Cèphe des chaumes : Cephus pygmeus,fore la tige au stade larvaire, consomme la moelle puis prépare une zone de rupture à la base. Les tiges peuvent casser ou verser avant la récolte, avec des pertes liées aux tiges couchées et mal récupérées.
  • Cèphe du blé : Cephus cinctus provoque un profil de dégâts proche : larve dans la tige, consommation de la moelle, fragilisation de la base, casse et verse. Il est surtout connu pour son impact dans les systèmes céréaliers nord-américains.

Les thrips du blé

Les thrips du blé sont des insectes de l’ordre des Thysanoptera qui piquent surtout les épis, les pièces florales et les ovaires après l’épiaison. Les dégâts touchent directement la formation des grains, avec un impact possible sur le rendement et la qualité.

  • Thrips des céréales : Haplothrips tritici pique les tissus floraux et les ovaires au stade adulte comme au stade larvaire. Les grains peuvent devenir atrophiés, déformés ou avortés, avec une sensibilité particulière du blé dur pendant la floraison.
  • Thrips des céréales à dégâts floraux : Limothrips cerealium thysanoptère provoque des dégâts proches sur épis et pièces florales. Les grains se forment mal, la qualité peut baisser et la nuisibilité dépend fortement du niveau de population au moment de la floraison.

Punaise sunn

La punaise sunn, Eurygaster integriceps, est un hémiptère de la famille des Scutelleridae. Adultes et nymphes piquent les feuilles, les tiges puis les grains en formation. Les dégâts portent sur le rendement, mais aussi sur la qualité technologique du blé. Les piqûres sur grain peuvent altérer le gluten et réduire l’aptitude boulangère, ce qui rend ce ravageur particulièrement redouté dans plusieurs bassins céréaliers du Proche-Orient, d’Asie occidentale et du sud-est de l’Europe.

Acarien du blé

L’acarien du blé, Penthaleus major, appartient à l’ordre des Acarida et à la famille des Penthaleidae. Il est actif en saison fraîche et pique les cellules foliaires. Les feuilles prennent un aspect gris argenté, puis les pointes brunissent. En fortes infestations, la culture peut montrer un retard de croissance, voire un dépérissement localisé, surtout lorsque les conditions fraîches prolongent l’activité du ravageur.

Tétranyque du blé

Le tétranyque du blé, Petrobia latens, est un acarien de la famille des Tetranychidae. Ses piqûres cellulaires touchent surtout les feuilles, avec des ponctuations claires, un jaunissement puis un aspect bronzé ou brûlé. Les attaques sont plus pénalisantes lorsque le blé subit déjà un stress hydrique, car les dégâts foliaires réduisent encore la capacité de la plante à maintenir son activité photosynthétique.

Acarien responsable de l’enroulement du blé

L’acarien Aceria tosichella, de l’ordre des Acarida et de la famille des Eriophyidae, n’a pas de nom français réellement stabilisé. Il colonise le cornet des jeunes feuilles et se nourrit sur les cellules épidermiques. Les dégâts se traduisent par un enroulement des feuilles, un défaut de déroulement et parfois des épis piégés. Son impact peut aussi être aggravé par sa capacité à transmettre plusieurs virus associés au complexe wheat streak.

Les nématodes du blé

Les nématodes du blé attaquent principalement les racines, mais certains peuvent aussi déformer les parties aériennes ou les grains. Leurs dégâts se traduisent souvent par des foyers irréguliers, une croissance ralentie, un tallage réduit et une baisse de vigueur difficile à attribuer sans observation fine. 

  • Nématodes à kystes des céréales : Heterodera avenae, Heterodera filipjevi et Heterodera latipons 
  • Nématodes des lésions racinaires : Pratylenchus neglectus et Pratylenchus thornei
  • Nématode à galles des céréales : Meloidogyne naasi
  • Nématode des galles du blé : Anguina tritici

Photo : Shutterstock

Retour en haut