Quels ravageurs peuvent expliquer des carottes trouées, déformées, rabougries ou difficiles à récolter ? Agrobiotop vous aide à identifier les dégâts causés par chaque ravageur et à adopter les bonnes solutions pour protéger vos cultures de carottes.
Mouche de la carotte
La mouche de la carotte (Chamaepsila rosae, aussi appelée Psila rosae) est l’un des ravageurs les plus connus de la carotte. L’adulte, une petite mouche noirâtre de 4 à 5 mm avec des pattes jaunes, ne cause pas directement les dégâts : ce sont les larves blanc jaunâtre qui minent les radicelles puis le pivot. Les carottes touchées peuvent montrer un feuillage jauni, rougi ou flétri, avec une croissance ralentie. Sur la racine, on observe des trous d’entrée et surtout des galeries brunâtres, sinueuses, parfois suivies de pourritures secondaires qui dégradent fortement la récolte.
Taupins
Les taupins (Agriotes spp.) sont les larves souterraines de coléoptères de la famille des Elateridae. Ces larves jaunes à brun jaunâtre, cylindriques et très dures, vivent longtemps dans le sol et s’attaquent aux organes souterrains de nombreuses cultures. Sur carotte, elles percent le pivot en laissant des perforations nettes, sèches, parfois profondes, réparties sur toute la racine. Contrairement aux dégâts de la mouche de la carotte, les trous sont plus francs, moins sinueux, et le feuillage reste souvent peu marqué.
Noctuelles terricoles ou vers gris
Les noctuelles terricoles, aussi appelées vers gris (Agrotis spp., notamment Agrotis segetum et Agrotis ipsilon), sont des chenilles nocturnes épaisses, gris-brun, qui se recroquevillent en C lorsqu’on les dérange. Elles s’attaquent surtout aux jeunes plants, qu’elles peuvent sectionner au collet, provoquant des manques en plaques dans les rangs. Elles peuvent aussi mordre les feuilles, le collet, les épaules ou les racines. Les dégâts sont souvent sporadiques, mais très visibles lorsque plusieurs plantules disparaissent brutalement près du sol.
Mouches des semis
Les mouches des semis (Delia platura et Delia florilega) sont de petites mouches grises dont les larves blanches attaquent les graines en germination, l’hypocotyle et les jeunes racines. Sur carotte, leur présence se remarque surtout par une levée irrégulière ou insuffisante. Les semences peuvent être détruites, noircies, ou donner naissance à de jeunes plants faibles, jaunissants puis flétrissants. Le signe le plus parlant reste donc le défaut de levée, souvent avant même que le jardinier ne voie un véritable ravageur en surface.
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Mouche mineuse de la carotte
La mouche mineuse de la carotte (Napomyza carotae) est un diptère dont les larves creusent des mines dans les feuilles, les pétioles et parfois la surface du collet ou de la racine. Les dégâts apparaissent sous forme de mines claires sur le feuillage, de galeries pétiolaires et d’altérations superficielles sur le haut du pivot. Elle affaiblit la plante, mais ses dégâts restent généralement plus superficiels que ceux de la mouche de la carotte, qui fore plus profondément la racine.
Scutigérelle des jardins
La scutigérelle des jardins (Scutigerella immaculata) n’est pas un insecte, mais un petit arthropode du sol, blanc, luisant, très mobile, mesurant environ 5 à 7 mm. Elle possède de longues antennes et douze paires de pattes. Sur les carottes, les juvéniles et les adultes s’attaquent aux graines germantes, aux poils absorbants et aux jeunes racines. Les dégâts se traduisent par une mauvaise levée, des plantules qui s’effondrent, des foyers clairsemés et de petites cavités sur les racines.
Blaniule ponctué
Le blaniule ponctué (Blaniulus guttulatus) est un myriapode très allongé, crème pâle, reconnaissable à ses petits points rouge-brun sur les côtés du corps. Il est surtout saprophage, mais peut profiter de racines tendres, fendillées ou déjà blessées. Sur carotte, ses dégâts sont souvent secondaires : grignotages superficiels, cicatrices, aggravation de fentes et de pourritures existantes. Il s’enroule fréquemment au repos, ce qui aide à le distinguer lors de l’observation du sol ou des racines abîmées.
Psylle de la carotte
Le psylle de la carotte (Trioza apicalis) est un petit insecte piqueur-suceur, vert pâle, sauteur, avec des antennes noires et des yeux rouges. Les adultes comme les nymphes s’attaquent au feuillage, surtout sur jeunes carottes. Les dégâts peuvent être rapides et très marqués : feuilles crispées, jaunissement, coloration pourprée, arrêt de croissance, pivot raccourci et développement abondant de radicelles secondaires. Ce ravageur est surtout important dans les pays nordiques et certaines zones d’Europe centrale.
Psylle méditerranéen de la carotte
Le psylle méditerranéen de la carotte (Bactericera trigonica) est un psylle des Apiacées présent dans plusieurs régions du bassin méditerranéen. Il vit surtout sur la face inférieure des feuilles, où les nymphes aplaties peuvent être entourées de filaments cireux brillants. Les dégâts combinent piqûres, affaiblissement et parfois transmission d’agents pathogènes : petites lésions, décolorations, chlorose, miellat, perte de vigueur, puis, dans les cas sévères, feuillage jaune-bronze-violet, racines rabougries et radicelles anormalement nombreuses.
Pucerons
Les carottes peuvent héberger plusieurs espèces de pucerons, avec des colonies visibles sur le feuillage, parfois cachées au collet ou installées sur les racines, et des dégâts allant du simple enroulement des feuilles au rabougrissement marqué de la plante.
- Puceron du saule et de la carotte (Cavariella aegopodii) : puceron vert pâle surtout présent sur les jeunes feuilles, responsable de décolorations, d’enroulements, de dessèchements précoces et parfois de miellat ; il est aussi connu comme vecteur de viroses.
- Puceron de la carotte (Semiaphis dauci) : puceron souvent visible sur la face supérieure des feuilles, les folioles ou les ombelles, provoquant un feuillage très gaufré, crispé, enroulé et une croissance ralentie des jeunes pousses.
- Puceron de l’aubépine et de la carotte (Dysaphis crataegi) : espèce plus cachée, installée à la base des pétioles, au collet ou près des racines superficielles, avec des colonies gris-vert parfois accompagnées de fourmis et des dégâts localisés de rabougrissement et de déformation.
- Puceron des racines de la carotte (Pemphigus phenax) : puceron souterrain formant des colonies laineuses blanches sur les racines, souvent avec des fourmis, et entraînant un affaiblissement général ainsi qu’un ralentissement de croissance.
- Puceron vert du pêcher (Myzus persicae) : puceron polyphage présent sur le feuillage, capable de provoquer enroulement, rabougrissement et perte de vigueur en cas de fortes colonies, mais surtout redouté pour son rôle possible dans la transmission de virus.
Cicadelle de l’aster
La cicadelle de l’aster (Macrosteles quadrilineatus) est un petit insecte piqueur-suceur, fuselé, vert jaunâtre, très mobile et capable de sauter rapidement. Elle se nourrit dans le phloème et se révèle surtout nuisible comme vecteur de la jaunisse de l’aster. Sur carotte, les symptômes peuvent associer de petites ponctuations blanchâtres, un jaunissement, des feuilles frisées, une prolifération foliaire au cœur de la plante et des racines minces, très chevelues, parfois amères. Ce ravageur est surtout signalé en Amérique du Nord.
Tétranyque tisserand
Le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae) est un acarien minuscule, jaunâtre à verdâtre, marqué par deux taches sombres sur le dos. Il vit surtout sous les feuilles et se développe davantage par temps chaud et sec. Sur carotte, il provoque un aspect ponctué jaunâtre, puis un bronzage, un dessèchement du feuillage et parfois de fines toiles. Les dégâts restent souvent secondaires sur carotte de consommation, mais peuvent devenir plus gênants dans certains contextes, notamment en cultures porte-graines ou en période de stress hydrique.
Charançon de la carotte
Le charançon de la carotte (Listronotus oregonensis) est un petit coléoptère brun, muni d’un rostre caractéristique. Les adultes entaillent les pétioles et la couronne pour pondre, puis les larves blanches, arquées et sans pattes, forent le collet et le haut de la racine. Les dégâts se concentrent donc souvent sur l’épaule de la carotte : marques de ponte, galeries, déformations, fourches et perte de valeur marchande. Ce ravageur est surtout problématique au Canada, notamment au Québec, et dans le nord-est des États-Unis.
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